Pour le bÅ“uf, le quota actuel va être multiplié par 10, sur 10 ans. C’est-à -dire que 30 000 tonnes de bÅ“uf australien auront le droit d’entrer sur le marché européen, avec un peu plus de la moitié en détaxé et un peu moins de la moitié bénéficiant d’un droit de douane réduit.Pour le mouton, on atteindra 25 000 tonnes, sur 7 ans, alors que l’Australie est le plus gros producteur au monde et que la France . La filière française se retrouvera en difficulté et Patrick Souris, vice-président de la Fédération nationale ovine, et éleveur en Charente, parle même de “sacrifice”. Les animaux en Australie sont élevés dans des conditions qui n’ont rien à voir avec celles imposées par les normes européennes, selon lui. Si les dimensions des exploitations et le coût de la main-d’Å“uvre ne sont pas les mêmes, Patrick Souris dénonce aussi des pratiques qui ne respectent pas le bien-être animal.
Ces quotas sont en réalité bien inférieurs à ce qu’espéraient les agriculteurs australiens, et bien moindres que dans l’accord avec le Mercosur. Mais ce qui inquiète les agriculteurs européens est l’effet de cumul, si on additionne tous les accords de libre-échange que signe l’Union européenne.De plus, la protection des appellations européennes va être réduite par rapport à d’autres pays. Les Australiens pourront continuer à utiliser les mots comme “parmesan”, “prosecco”, “gruyère” et “feta”, à partir du moment où ils sont produits depuis au moins 5 ans en Australie. L’Europe ne veut pas priver les Australiens d’origine européenne de leurs racines.Mais pour la Commission européenne, le plus important est le volet industriel, c’est-à -dire l’accès au marché australien pour les véhicules européens. Cela permet de payer très peu de droits de douane, et d’avoir accès à des terres rares rares, comme le lithium. En revanche, l’acier a été exclu de l’accord, parce qu’il est en difficulté en Europe.
Si on considère le volume des transactions, il y a par an 37 milliards de biens et 31 milliards de services que les Européens ont exporté vers l’Australie, ces dernières années. Mais pour la Commission européenne, le but est de rétablir un ordre commercial mondial basé sur des règles, après les perturbations provoquées par les droits de douane de Donald Trump. On sent qu’elle fait un véritable forcing, avec, par exemple, l’application à titre provisoire – ou anticipé plutôt – de l’accord avec le Mercosur à partir du 1er mai, malgré l’opposition de la France.Ce nouvel accord devra maintenant être soumis au Parlement européen et au Conseil. En attendant, les éleveurs bovins et ovins se sont mobilisés, notamment en signant une lettre ouverte à Emmanuel Macron pour lui demander d’agir.





